Qui a l’habitude de voyager sait qu’il arrive toujours un moment où il faut partir. (Paolo Coelho)
26.3.09
Bonne fete grand-maman Marie-Rose
Udaipur - Rajasthan, 26 Mars 2009
Avec du retard, desole... Voici chere grand-maman le cadeau que nous t'avons prepare en Inde. On te remettra une version de meilleure qualite bientot (a notre retour). Tu verras que nous avons bien rigole en le realisant! On l'a montre ici a quelques producteurs, et les enfants ont deja recu plusieurs offres en provenance de Bollywood.
On t'embrasse tous tres fort!
La famille en inde
24.3.09
J'ai mal aux fesses...
Je reviens d’un tour de chameau dans le désert du Rajastan. Quand il remontait ou descendait, j’avais peur de tomber. Mais quand il marchait, j’aimais ca. J’étais assise avec papa. Au début, j’ai mis sur ma tête le pantalon de maman car il faisait très chaud. J’ai vu le soleil se coucher derrière les montagnes.
Des mains indiennes

Jaipur - Capitale du Rajasthan : 21 avril 2009
J’arrive d’une petite maison où vie une grande famille élargie musulmane. Des enfants, des bébés, des adolescents, des adultes, des personnes âgées, toute la maison était pleine de vie. Le père se nomme Idu, celui qui fut notre chauffeur de rickshaw pour les deux derniers jours. Quand Marie lui a demandé où nous pourrions nous faire appliquer du henné sur les mains, il nous a répondu que ses filles pourraient nous en faire. Cette tradition indienne consiste à produire de magnifiques dessins qui décorent les bras et les mains des jeunes femmes indiennes. Après un avant midi bien chargé à visiter la ville de Jaipur au Rajasthan, pressées d’en avoir, nous arrivons dans une sorte de cour intérieure où plusieurs enfants viennent nous serrer la main.
Flo
Jeunes musiciens du Monde

Bonjour à tout le monde,
Pourquoi on ne penseraient pas plutôt au présent pour justement améliorer ce futur qu’on ne rattrapera pas de toute façon jamais? Bon, j’arrête de divaguer, je vous imagine déjà tous devant votre ordinateur à vous dire que je suis folle, que je pense trop ou, pour certains, que j’ai raison! Je n’écris pas souvent et pour une fois que je le fais je divague sur le sens de notre vie, c’est pas fort, fort! Le pire c’est que je voulais vous parler de jeunes musiciens du monde ! Je vous en reparlerai puisque je dois, c’est sûr, y retourner!
20.3.09
Au Rajasthan comme des sultans
Nos deux dernières semaines ont été intenses avec comme faits saillants de longs voyages en train, la visite de Jeunes musiciens du monde et la découverte de la province de Goa.
On vous raconte très bientôt.
Tout va bien! On vous embrasse.
Y
9.3.09
Merci la vie!
Je réalise enfin un rêve. Depuis que je sais qu’une Mère Teresa existe sur cette terre, je rêve à mon tour que mes bras aussi puissent servir à prendre, consoler, soigner, chérir et aimer des enfants qui n’ont rien, rien…
A Trivandrum, nous sommes allés visiter l’orphelinat des missionnaires de la Charité. Telles de petites mères Teresa, elles nous ont accueillis. Nous avons partagé leur quotidien auprès de ces p’tits poux, des bambins d’une semaine à 3 ans. Les autres sont à l’école. Des petits landaux alignés, une vingtaine, bercent quelques nourrissons endormis. Cinq bébés sont étendus sur un matelas, près d’une fenêtre. On leurs fait des risettes, les berce, les caresse et les cajole. J’aimerais en ce moment être une pieuvre ou encore la déesse Shiva avec ses 6 bras.
Dans le petit local voisin, huit enfants alignés, sont assis au sol, nous observant entrer. Ils se lèvent, surprise qu’ils se tiennent déjà sur leurs petites jambes. On se penche à leur niveau et voilà la magie s’opère. En peu de temps, on se retrouve tous les bras chargés, les jambes enlacées. Même Victor cherche à faire rire un p’tit coco, de ses coucous et ses mimiques. Yves est le plus occupé. Ce géant « uncle », tel un arbre solide et sécuritaire, sert de refuge à des gamins qui s’y agrippent alors qu’il a les bras pleins.
Je réalise qu’à nous six, nous formons une formidable pieuvre!
Merci la vie et protège ses p’tits poux.
On leurs dit au revoir, un peu coupables de les laisser, mais on y reviendra la semaine prochaine.
Genou
Poème de Victor
7 mars 2009
Quand j’entends la mer et les vagues chanter,
J’ai le goût de me baigner.
L’eau bleue ou turquoise joue avec les coquillages
Qui avancent et reculent sur la plage.
Je marche sur le sable doux et chaud
Soudain mes pieds sont chatouillés par l’eau.
Des vagues se cassent sur les rochers avec fracas.
L’aigle s’envole des falaises, chercher sa proie.
Les pêcheurs sur leurs petits bateaux
Voguent avec leur filet sur leur dos.
Sur le hamac, je m’endors sous un palmier,
En rêvant à mes amis que je vais retrouver.
Le secret de Pradesh
Il était une fois, un jeune garçon, appelé Pradesh. Il avait des yeux verts brillants, des cheveux noirs et des vêtement troués. Pradesh avait un secret.
Un jour, il a annoncé aux gens de son village; « J’ai un secret magnifique. Si vous voulez le savoir, donnez-moi 5 roupies. » Des personnes passaient à côté de lui et d’autres allaient le voir pour lui demander le secret.
Une fois, un garçon et sa sœur sont venus le voir. Ils s’appelaient Ramesh et Jerry. Pradesh leur a dévoilé le secret. « Quand vous serez à l’entrée d’un temple, regardez au ciel. Lorsque vous verrez un nuage passer devant le soleil, vous allez voir une personne qui est morte. »
Les enfants ont pensé très fort à la personne qu’ils voulaient voir et ils ont vu leur grand-mère.
À chaque fois qu’ils vont au temple, ils pensent à quelqu’un qui est mort et ils le revoient. Un jour Ramesh et Jerry ont rencontré Pradesh. Ils l’ont remercié.
Victor
Le Kathakali
Usant de jeux de mains et d’expressions des danseurs professionnels me font sentir incroyablement nulle (en danse, évidemment). Joué au mime avec eux serait particulièrement amusant! Oui, mîmes c’est le mot qui les décrient le mieux. Une mère et son enfant mimer à un tel point qu’on se sent gêner de regarder la vie quotidienne d’une famille aussi simple!
Et oui, une image vaut mille mots comme dit le dicton, je n’aurais pu mieux décrire puisque ces personnages sortit dont ne sait où on l’air d’avoir été sculpté et surtout peint par un artiste ingénieux et… imaginatif ! Les couleurs contrastes et vives de leurs costumes leurs donnent l’allure de personnages de bandes dessinées. C’était magnifique. Premier merci sincère à Gobi.
Laure
8.3.09
L’heure du thé

Le thé de l’après-midi est devenu une habitude pour la famille Poiré Bleau. Vers 4,5 heures,
nous prenons une pause et dégustons un délicieux Masala tea. Ce thé est aux épices (principalement de la cannelle, de la cardamone et du clou de Girofle), il vient surtout de Munnar. Ce breuvage est très populaire chez les Indiens, il nous est servi avec du lait et du sucre. À Munnar, nous avons visité un musée de thé ou on a vu comment il est fabriqué. Les jeunes feuilles sont cueillies, surtout par des femmes, sur les montagnes. Elles sont ensuite transportées à l’usine ou les feuilles sont mises dans des machines. Ces machines les déchiquètent, les oxydent et les font sécher en les passant dans un four. Les feuilles sont mises en poudre avant d’être empaquetées. Bien sûr, nous en avons acheté pour le Canada ou nous ne pourrions nous en passer.
Flo
7.3.09
Cardamone et clou de girofle

Toutes ces saveurs, ces épices qui se côtoient, font de chaque plat une joyeuse découverte. Parfois le costaud piment nous surprend par son emprise en bouche, volant du coup toute la subtilité des épices indiennes. L’eau nous aura soulagés plus d’une fois.
Le riz est la base de tous les repas, même au matin sous forme de crêpes (dosa) ou encore de beignets. Le riz s’offre sous différentes variantes : byriani, aux légumes, au poulet ou poisson, nature ou avec du yogourt, mais toujours les épices sont à l’honneur (clou de girofle, cannelle, cardamone, cumin, fenouil, anis étoilé, gingembre, muscade) et toutes dans la parfaite harmonie se marient à sa voisine avec audace sans compromis.
A ce plat de résistance s’ajoutent des currys, des dals (lentilles en sauce), des fèves, des légumes de toutes sortes en sauce ou grillés, dont les épices camouflent presqu’entièrement le goût premier de chaque légume. Qu’importe le résultat est heureux!
Et quand arrive le pain naan encore chaud, on se l’arrache en prenant soin de subdiviser en parts égales ce précieux pain. A chacun son dû! On pourrait aussi nous offrir du chapati, du rôti, du dosa frit ou grillé pour accompagner nos plats en l’utilisant comme ustensile.
On aura pris de bien mauvaises habitudes, car on mange maintenant avec nos doigts!
Genny
Petite semaine de repos

Cachés dans un petit hôtel, lui-même isolé sur une falaise au bord de la mer, et à première vue juste à côté du paradis, nous posons nos sacs à dos pour quelques jours le temps de mettre l’emphase sur l’école des enfants. Pourquoi cachés? Parce que nous sommes aussi à moins de 2 kilomètres de Varkala, une station balnéaire très prisée des touristes à la recherche de soleil, d’un beau bronzage et de marchands de souvenirs, beaux, bons pas chers. On essaie de fuir ces artifices qui détonnent par rapport au voyage que nous faisons dans l’Inde authentique. Bon, on ne va tout de même pas se plaindre.
Nous sommes également à 45 Km de Trivandrun (capitale du Kerala) où nous irons faire un saut demain. On essaiera d’y visiter un centre de Mère Térésa. On offrira notre aide, qui sait? Il y a aussi de grands temples Indous. Malheureusement, ici au Kerala, les étrangers n’y sont pas admis. Pour le nirvana des pèlerinages, nous devrons aller jusqu’à Kanyakumari, à la pointe de ce sous-continent.
On pense à remonter plus rapidement que prévu au nord du pays. Nous prendrons un train (Rajdhani Express – 15 heures) pour Goa le 12 mars prochain. Après quelques jours là-bas et une visite au projet Jeunes musiciens du Monde (Dharwar). Nous prendrons sans doute un vol pour Mumbai, suivi d’un autre pour Jaipur dans le nord de l’Inde.
À bientôt.
Y
4.3.09
Enfer à l’état pur
* * *
Vite, nous aperçûmes que des multitudes et des multitudes de coquerelles, au corps mou et à la carapace dure, grouillaient dans tous les recoins de notre geôle. Certaines, déjà écrasées sur le sol humide et sale, et d’autres encore pris dans les crampons de nos chaussures.
* * *
Mobiles et immobiles, à travers les barreaux de notre fenêtre, nous vîmes des champs où des paysans habillés en lambeaux récoltaient une herbe rare brûlée sous un soleil de plomb. Des chèvres mangeaient les déchets qui s’étaient amassés, jour après jour, nuit après nuit, dans ce dépotoir qui était autrefois une prairie verdoyante.
* * *
Parfois, on voyait passer dans l’allée des pauvres gens nous montrant leurs blessures et nous tendant la main pour quelques roupies. Dans la cellule d’à côté, une gamine d’à peine 4 ans poussait des cris aigus et sa jeune sœur, des pleurs désespérés.
* * *
À la recherche d’une bouffée de fraîcheur nous déambulions dans le couloir en attendant la fin avec impatience. L’eau, qui manquait toujours après ces heures de chaleur infernale, était très rare. Parfois, des geôliers vendaient de l’eau chaude dans des bouteilles déjà ouvertes. Ce supplice a paru durer une éternité, alors que seulement 4 heures étaient péniblement passées. La fin arrivait… Nous le savions tous.
Enfin tout s’arrêta. Soulagées nous sortirent du train!
Marie et Florence (qui se sont bien amusées en parodiant notre voyage en train!)
Bonjour Monique, Danièle et mes amis

À la ville, j’ai vu beaucoup d’autos, de rickshaws et de pollution.
À l’école, j’ai vu beaucoup d’enfants qui voulaient jouer avec moi.
Dans la jungle, j’ai vu des singes, des éléphants, un paon dansé, une mangouste et un léopard.
À la mer, j’ai vu de gros filets chinois. Il faisait très chaud. Je me suis baignée dans les vagues.
J’ai même vu des dauphins.
À la montagne, j’ai vu des champs de thé et des épices pousser.
À ma fête, j’ai choisi un beau vêtement au marché tibétain. J’étais comme une princesse. On est allé au jardin botanique et on a joué au petit cochon. Puis, on a pris un train à vapeur qui traversait des tunnels.
Bisous à tous
Mathilde

Le 16 février 2009
Bonjour, c’est Mathilde!
Je suis à Bangalore, à l’école Aradhana. Et nous, on habite chez les sœurs qui sont très gentilles avec moi. Après le déjeuner, je vais voir les deux chatons dans la cuisine, je joue avec eux. Il y a aussi deux veaux et trois vaches dehors. La maman chien a six bébés qui ont encore les yeux fermés. Puis je vais jouer au parc avec Victor. Je ne comprends pas les enfants quand ils me parlent. Il fait toujours beau. Le soir, on mange du pain naan, j’aime ça et les petites bananes avec de la lime. Un soir, je suis partie au jardin botanique. Les gens me trouve belle! Les gars veulent tous se prendre en photos avec moi.
Ma en Inde St-Valentin

Moi et ma famille, on est allé à Hassan. Pendant la route de quatre heures, on est arrêté au Coffee Day. Nous avons continué la route puis on est arrivé à un temple magnifique. Il fallait monter 634 marches pour découvrir une énorme statue. Les gens lui offraient des fleurs et de la nourriture. On est redescendu et en tout cela a fait 1268 marches.
Mes parents nous ont fait une surprise. Ils nous ont amenés à un magnifique hôtel avec une piscine creusée. On a passé une belle nuit.
Le lendemain, nous sommes allés voir deux autres temples remplis de sculptures. Après, on est revenu à l’hôtel pour se baigner. J’étais content. Puis , il fallait partir pour revenir à Bangalore.
Victor
En classe indienne

Fin d’une bousculade amicale : Trois seuls visages pâles dans un wagon prévu pour une soixantaine, le train va bientôt se mettre en marche. On vient de coincer un dernier passager. Le compte doit s’approcher d’une centaine bien serrée. Où sont les trois autres passagers canadiens? Il ne restait que deux places assises en première classe. Et comme c’est la fête de Mathilde, elle est au grand luxe sur les genoux de maman au côté de Florence. Et pourquoi Flo? C’est ce que se demandent Victor et Marie. Même s’ils ne le savent pas, mes deux co-passagers ont tellement plus de chance. Ils vivent avec tous ces gens un après-midi typique de la région des Nilgiris Hills. Certains jeunes près de nous sont là pour une ballade sur ce train historique à travers les états du Tamil Nadu et du Kerala. Ils sont aussi drôles qu’heureux. Ils crient durant les cours instants noirs où le train est engouffré dans les tunnels percés dans les montagnes. Ils prennent toutes les photos qu’ils peuvent avec la caméra de leur téléphone portable. Les paysages sont magnifiques : Montagnes, plantations de thé, cocoteraies et chutes ici et là. Le vert domine. Le train est historique parce que la locomotive qui le tire la douzaine de wagons est à vapeur! Je pense à mon père qui réparait, quand il était jeune, les bouilloires comme celle qui siffle à quelques mètres de moi. J’imagine sa joie de savoir que son petit-fils collé sur moi s’impressionne devant cette page d’histoire. On paierait cher pour l’appeler ce soir pour lui raconter ces instants. D’autres passagers sont avec nous par obligation. Comme ces femmes debout ou accroupies entre les rangées de bancs. Et l’autre qui dort debout pour vrai pour faire rire mon fils. « Papa, regarde, c’est vrai qu’on peut dormir debout! ». Même sur un tout petit banc, on est gêné d’être assis. Victor se serre plus près de moi afin qu’une dame dépose un gros paquet à nos pieds. Victor se pince le nez. Marie, elle, ne s’en fait pas, plongée creusement dans Un long dimanche de fiançailles qu’elle dévore (Merci Anne) depuis quelques jours. Elle lève les yeux quand Victor lui crie que c’est trop beau. Le temps heureusement ne presse pas de capturer la beauté quand on est une jeune fille de quinze ans.
On entre bientôt en gare je ne sais où. Je dois fermer mon très utile et petit XO qui a attiré bien des regards amusés durant les pauvres kilomètres passés. Encore quelques heures avant de joindre Metapulayam. Là-bas, nous courrons prendre un autre train pour Coimbatore une heure plus loin. Cette dernière est une vile industrielle, de transit pour nous, où nous embarquerons demain sur un autre train qui nous conduira enfin à la mer de Kochin (important port indien), célèbre pour le commerce des épices.
Le détour valait la peine, ça sent la mer…
Y
26.2.09
Entre Bangalore et la jungle

Depuis Bangalore, un train, un taxi, un bus et un jeep plus tard, avec notre chance habituelle et quelques heures de route, c’est à quelques mètres d’un félin sauvage que nous nous sommes retrouvés en fin d’après-midi. Nous attendons un transport pour quitter le parc national de Bandipur, habitat de plus de 2500 éléphants (1/5 de la population des éléphants d’Asie), en direction de Ooty. Il est environ midi au bord de la route à la frontière du Karnataka et du Tamil Nadu.
Comment vous faire comprendre notre chance d’hier? Partis un peu tard, les yeux mouillés pour certains, après des adieux difficiles aux sœurs, aux novices, aux professeurs et aux élèves avec qui l’on a partagé 2 semaines inoubliables, notre véhicule devait se frayer un chemin à travers Bangalore jusqu’à la gare, à l’heure de pointe puissance 2. Ouf ! On prend le temps du trajet pour fouiller notre Lonely Planet et tenter de réserver un toit pour la nuit. On hésite encore entre 2 destinations. Juste à temps pour atteindre la plateforme numéro 7 pour embarquer sur le train de Mysore (Shatbadi express). Le temps de déposer nos gros sacs à dos dans un wagon usé de deuxième classe, et voilà, on part avec un bonheur mitigé, à moitié fébriles de prendre la route de l’inde du sud et à moitié tristes de laisser une routine agréable et réconfortante pour les enfants. Première étape réussie!
Deux heures plus tard à la gare de Mysore, nous transférons notre bagage et les petites fesses de nos petits endormis dans un taxi, en direction du principal terminus de bus de cette ville aussi culturelle que commerçante. Le type du taxi a l’air louche! Après lui avoir dit non au moins 10 fois à des propositions de nous conduire à Bandipur (80 km) pour « pas cher pas cher », soit disant parce qu’il n’y aurait pas de bus décents pour nous y conduire, et également fait un arrêt chez agent de voyage, probablement son cousin, on s’obstine et il nous laisse au terminus. C’est le chaos, comme toujours dans ces endroits, mais que voit-on devant nous? Le bus de nos rêves. Ici, ils sont appelés « Volvo Bus ». Bref nous y montons vite. « How much monsieur le chauffeur? ». Super, 400 roupies pour les six (10$ canadiens). Seul bémol : Mathilde entre dans le bus le ventre vide, son repas dans le train était, disait-elle, « un peu dégueux ». Et de deux…
Pour le troisième saut, celui entre le Bandipur Safari Lodge et la jungle indienne, c’est au niveau du timing que la chance nous a de nouveau sourit. Le safari partait par hasard quelques minutes après notre arrivée. Ils ne nous attendaient pas, pas grave, allez hop, il est 16h30 on embarque dans un jeep camouflage juste pour nous, pour une excursion espérant voir des tigres et des éléphants. Durant trois heures, le 4x4 a sillonné dans des pistes cherchant des points d’eau pour y voir des bêtes sauvages. Quelques-unes se sont montrées, pas d’éléphant ni de tigre, mais des paons, des mangoustes, des sangliers, des singes, plein de cervidés et juste à la tombée du jour un gros léopard indépendant a traversé la piste devant nous. Quelle chance nous avons eu et quel rappel de souvenirs des safaris au Kenya et en Tanzanie avec Genou alors que nous vivions au Rwanda.
Y a de ces jours où l’on arrive à déjouer le sort en sortant des sentiers battus, fonçant les doigts croisés avec presque rien de prévu. Hier en était un bel exemple. En s’endormant, Geneviève et savions trop bien que ce n’est pas toujours ainsi! Les rêves ne se réalisent pas sans un part de risques ou sans ces accidents de parcours qui embellissent souvent la destination et l’histoire du chemin pour s’y rendre. Comme l’inverse peut aussi arriver, on a pris soin de dire aux enfants de faire des réserves de bonheur.
Y
16.2.09
L'équilibre du monde
Treizième jour en sol indien… Nous revenons d’un super week-end à 200 kilomètres environ à l’est de Bangalore. Objectifs : Célébration d’une St-Valentin toute spéciale et visite de quelques temples anciens (Belur, et Halebid), joyaux de l’État du Karnataka. Le plaisir aussi de sillonner les routes du pays, les paysages où le vert domine et la ruralité nous transporte loin dans le temps. Il est près d’onze heures, Ils dorment tous. Mathilde avec Geneviève à côté de moi et les trois autres dans une autre chambre du couvent où nous logerons encore quelques jours. Ils doivent rêver en cinquième vitesse. Il me semble que la vélocité ressentie dans le 4x4 qui nous a transporté d’Hassan à Bangalore, Prathab aux commandes, prendra encore quelques heures à descendre à la vitesse permise. Que dire des dépassements sur la route; Danger = (l’Afrique multipliée par l’Amérique latine) puissance 3! Cette poussée d’adrénaline explique sans doute pourquoi je n’arrive pas à dormir.
Nos premières impressions commencent tranquillement à s’effacer pour laisser la place à plus de perspective dans ce voyage. Les bruits des klaxons sont désormais quasi normaux, comme une sorte de sixième sens acquis rapidement pour rester en vie. Le temps qu’il fait ne se remarque presque plus. Le ciel est bleu, toujours, et entre 10 heures et 16 heures, l’ombre est prisée. Sinon, le climat est parfait. En attendant les pluies dans quelques semaines, la poussière flotte constamment partout dans l’air, mêlée aux fumées puantes échappées des moteurs. Les innombrables chiens bâtards qui rôdent la nuit faisant concert et s’étendant le jour en plein trottoir s’enjambent désormais naturellement. Tout comme ces ordures jamais collectées qui bordent les rues et qui brûlent ici et là! Tout cela fait partie de notre Inde, celle de laquelle on s’éprend un peu plus chaque jour. Mais, bien au-delà, ce qui nous dépassera sans doute longtemps encore, tout occidentaux que nous sommes, c’est l’impressionnant chaos fluide dans lequel on vient de s’insérer. Ce qui nous fascine et qu’on espère commencer à saisir durant ce voyage : C’est la mesure des grands nombres, la densité humaine, la cohabitation serrée du passé et du présent, du sacré et du quotidien, la course folle vers la perception du progrès.
Rien à voir avec la dimension que l’on se fait d’un pays en Amérique ou en Europe, comme me disait Kethes (collègue et ami sri lankais), l’Inde est davantage un sous sous-continent qu’un pays! Combien y a t-il de pays comptant plus de vingt langues officilielles, chacune parlée par plusieurs millions de personnes? Et c'est sans compter l’anglais (langue du travail), le hindi et l’urdu (langues nationales). Ici, pas moyens d’arrêter de compter tellement tout est hors proportion : près d’un milliard d’hindous qui respectent encore des centaines de rituels religieux qu’ils vouent à je ne sais trop combien de Dieux; 150 millions de musulmans qui se voilent de plus en plus chaque jour, paraît-il.

Quoi dire à propos de l’énergique Bangalore dans laquelle on s'est plongé… Ville de 7 millions d’habitants où circulent probablement autant de véhicules motorisés qu’à New-York. Principales différences : le carburant et le nombre de feux de circulation. C'est au diesel que tout avance et quant aux lumières, il doit y en avoir à peine plus qu'aux Îles de la Madeleines. Ici peu importe l’endroit, l’heure et la direction observés, c’est plein de gens qui bougent, au boulot plus souvent qu’autrement. Jeudi dernier par exemple, il est 9 heures le soir, une cérémonie se déroule sur le trottoir d'une rue principale devant temple coincé entre deux commerces : Un jeune homme fait bénir sa moto sur le trottoir. Entre parenthèses sacrées, un célébrant hindou scande une prière et tourne autour du bolide, bougie en main, après y avoir déposé des pétales de fleurs ici et là. Le jeune conducteur se recueille. Ses deux passagers sont empathiques. Quelques roupies plus tard, ils repartent en vitesse. Le quotidien n’a pas de temps à perdre, deux autres s’affairent à recharger le compte de leur téléphone portable. Tout juste à côté d’eux, une femme casse encore des pierres à la main pour produire du gravier (le chantier doit continuer demain). Au même moment un tas de rickshaws attendent impatients que la circulation reprenne son flot. C’est toujours l’heure de pointe, après tout, le jour se lève sur Silicon Valley. Bangalore exporte son énergie à l’occident qui n'a plus envie de travailler.
À la vitesse où ce pays se modernise, à la qualité de son système d’éducation, à l’ardeur de sa population, la grandeur et la fertilité de son sol, pas besoin d'être sociologue pour constater que l’équilibre du monde est en train de changer. Tiens, L’équilibre du monde (Rohinton Mistry), vous avez lu? Une sorte de Cent ans de solitude (G.G. Marques) que je vous recommande fortement.
Bon, je crois que c’est assez pour ce soir. Il faut dormir.
Y
13.2.09
Une journée à l'école
gros becs à tout le monde et à la prochaine!
marie xxxx